Le grand hamster lutte pour sa survie
Le grand hamster lutte pour sa survie Sous peu, le grand hamster sortira de
sa torpeur hivernale et pointera son museau hors du terrier. Premier
objectif, manger puis trouver un partenaire pour procréer. Une nouvelle
saison commence, à se battre pour la survie de l'espèce en Alsace. Une
conférence-débat est prévue le vendredi 27 mars à Strasbourg.
Les plans de conservation du grand hamster ont certes le mérite d'exister
mais la situation de l'espèce en Alsace reste critique et de nouvelles
menaces planent. Les derniers comptages font état de 648 hamsters sur les
deux départements soit presque moitié moins que 10 ans plus tôt en raison
essentiellement à la gestion agricole (monoculture du maïs) et à la
raréfaction de l'espace (urbanisation) .
Et les rares noyaux de population qui restent ne sont pas connectés entre
eux, des routes (A 35, VRPV, etc.) empêchant tout passage de l'un à l'autre
malgré quelques liaisons souterraines aménagées pour la faune. « Une
véritable hypocrisie, ces hamsteroducs. Vous croyez vraiment qu'un grand
hamster va s'engager dans une buse qui sent la pisse de renard - »,
interroge Stéphane Giraud, directeur d'Alsace Nature qui estime qu'il est
plus que temps de donner la priorité au sauvetage de l'espèce la plus
menacée de France.
Plus alsacien que la cigogne
Régulièrement, des lâchers sont effectués mais sans réussir ne serait-ce
qu'à maintenir les effectifs globaux. Seul point positif, la dégringolade a
ralenti l'année dernière avec même une petite augmentation des populations
dans le secteur de Geispolsheim, en pleine zone noyau historique. Là, comme
dans les autres zones d'action prioritaire définies par l'État dans le plan
de conservation, les agriculteurs, aidés par des subventions ont reconverti
leurs champs de maïs en cultures de luzerne ou de blé, un milieu végétal
plus favorable au rongeur alsacien.
Mais le couvert végétal ne suffit pas, il faut encourager les retrouvailles
printanières entre les mâles et les femelles, petites dizaines de créatures
éclatées sur plusieurs centaines d'hectares, qui ne supportent leurs
congénères que pour la reproduction. Et ce ne sont pas l'achèvement de la
VRPV, la LGV, l'Eurostadium ou la VLIO qui vont faciliter les rencontres, au
contraire : ces projets renforceront encore l'enfermement des populations.
Malheureusement pour la « marmotte de Strasbourg », les rapports de force
sont rarement en sa faveur et « on ne sauvera pas le grand hamster sans les
Alsaciens », milite Frédéric Burner, président de l'Apele (association de
protection de l'environnement de Lingolsheim et environs) qui a pris fait et
cause pour le petit rongeur. L'association a déjà rassemblé 4 000 signatures
pour demander le renforcement de la protection de l'espèce et tente
d'amplifier la prise de conscience que l'on commence à entrevoir en faveur
du petit mammifère.
« Après tout, le grand hamster est plus alsacien que la cigogne puisque
notre région est le seul territoire français où il est présent. Et au bord
de l'extinction. »
Vendredi 27 mars, l'Apele, Alsace Nature et le Gepma (groupement d'étude et
de protection des mammifères d'Alsace) organisent une soirée film et débat à
20 h à l'institut de zoologie, 12, rue de l'Université à Strasbourg.
Entrée libre.
Lieu : institut de zoologie, 12, rue de l'Université à Strasbourg
Ville : Strasbourg
Département : Bas-Rhin
Région : Grand Est
Pays : France



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