Cercle de Silence de Strasbourg :: contre la criminalisation des étrangers démunis de titre de séjour
Le prochain Cercle de Silence de Strasbourg
aura lieu le vendredi 30 septembre de 18h à 19h place Kléber,
pour protester silencieusement
contre la criminalisation des étrangers démunis de titre de séjour
Nous remettons ce mois-ci le projecteur sur les demandeurs d’asile. On s’imagine que le plus inconcevable est atteint pour eux, et on se trompe : l’actualité s’enfonce dans le pire. Nous vous transmettons deux nouvelles.
1. CASAS (1), l’association jusqu'à présent chargée par l’État d'aider dans le Bas-Rhin les demandeurs d’asile à rédiger leur demande auprès de l’OFPRA (2), puis de les suivre dans leur procédure : recours, éventuelle admission en centre d'accueil etc.vient de perdre ce mandat au 1er juillet dernier.
Absurdement, aucun fonds n’avait été prévu pour 2011, suite entre autres au changement de l’organisme public chargé de cette question. L’État s’étant engagé par convention jusque mi-2011, le mandat et le financement sont en cours de régularisation jusque là. Le second semestre pose un problème, d'autant que l'association poursuit son travail à l'identique. La situation est compliquée, nous vous tiendrons informés.
Rappelons que l'équipe de CASAS compte six salariées ainsi que plus d'une centaine de bénévoles, travaillant dans des locaux (la maison Casalis quai st Nicolas) que l’État n’a pas à fournir, et avec le soutien significatif d'autres financeurs et de donateurs privés. Le service rendu est donc sans commune mesure avec le financement des six salaires correspondants.
Par ailleurs, au plan national, l’État réformera globalement l'accueil des demandeurs d'asile primo-arrivants à compter de janvier 2012, au moyen d'un appel d’offres. Le cahier des charges de cet appel risque d'exclure toute aide effective à la rédaction du récit qui fonde la demande d’asile.
Sans cette aide, l’exercice du droit d’asile devient une fiction.Il est impossible, pour un non francophone, de comprendre seul ce qu’on lui demande et d’expliquer son cas à l’OFPRA, en français, dans les formes et les délais requis. Pourtant il s’agit possiblement, derrière chaque dossier, de questions de vie ou de mort, absolument pas fictives.
Le pire est donc possible. Pour l’heure, localement, la survie de CASAS est en jeu.
2. Nous signalons deux parutions. Le film Les Eclaireurs, de Simone Fluhr (salariée de CASAS) et Daniel Coche, production Dora Films, et le livre Mon pays n’est pas sûr, de S. Fluhr, éd. Scribest.
Ce livre et ce film font rencontrer les étrangers venant demander le statut de réfugié à la France, à Strasbourg — quelques centaines par an, donc, peu visibles. Ils montrent aussi la façon dont ils sont traités. Une grande partie d'entre eux fuit la guerre ou la persécution. Ils en racontent des bribes, insoutenables. Mais surtout, ils en viennent à dire, comme un Tchétchène : « Pour nous, la guerre n'est pas finie », tellement est inhumaine la machine française à chasser les étrangers, demandeurs d'asile en particulier. Certains passages sont insupportables. Ils n'ont pas lieu en Tchétchénie, en ex-Yougoslavie, ou au Sri Lanka. Ils concernent des gens qui ont fui ces pays, mais ils ont lieu en France. En notre nom.
Depuis longtemps, je me dis que si je ne voyais pas cela de mes propres yeux, je n’y croirais pas, dit l’auteur S. Fuhr.
Le minuscule biais par lequel les guerres et persécutions du monde nous touchent directement, et qui nous convoque à prendre position, pas uniquement par télé ou diplomates interposés, ce sont ces quelques milliers de réfugiés qui décident de fuir, y parviennent, et viennent nous demander l'asile. Eh bien ils arrivent, et nous les broyons. Livre et film montrent aussi le combat mené au quotidien par les citoyens qui en sont les témoins, plus ou moins impuissants. Tant que ce témoignage ne sera pas entendu, rien ne changera.
Quelque chose de notre société, de nous-mêmes, se dit dans cet écrasement administratif des rares réfugiés qui arrivent chez nous. Il est important de le regarder en face.
Une projection des Eclaireursaura lieu samedi 1er octobre à 11 heures au cinéma Star Saint Exupéry, rue du 22 novembre, Strasbourg. Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Une table de vente sera proposée au cercle de silence du 30 septembre. Les éclaireurs, 94 min, 10 euros, Mon pays n’est pas sûr, 128p., 12 euros, livre+film 20 euros. Pour tout autre renseignement, s’adresser à simone.fluhr@orange.fr .
L’équipe de coordination du cercle de silence de Strasbourg
Le cercle de silence de Strasbourg est une manifestation mensuelle tenue à l’appel de 48 associations, mouvements et syndicats. Leur liste, notre raison d’être, les lieux et horaires des autres cercles de silence en Alsace, voir : http://cerclesdesilence-alsace.fr
Contact : cercledesilence.strasbourg@gmail.com
Pour abonner une adresse électronique à ce message mensuel : nous envoyer un message avec pour sujet « abonnement ».
(1) Collectif d’Accueil pour les Solliciteurs d’Asile à Strasbourg, association fondée il y a près de 30 ans, notamment par Amnesty International, la CIMADE, le SSAE (Service Social d’Aide aux Émigrants), le CLAPEST (Comité de Liaison d'Associations pour la Promotion des immigrés en Alsace) et le Secours Catholique.
(2) Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, l’autorité française statuant sur les demandes de statut de réfugié.
Lieu : 18h à 19h place Kléber
Ville : Strasbourg
Département : Bas-Rhin
Région : Grand Est
Pays : France



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