Le vendredi 30 avril 2010

cercle de silence

30 avril, à 18 heures, Place Kléber, Strasbourg
Entrée libre

Zaïra nous donne de ses nouvelles « On croit être arrivé au pire, mais il y a toujours le pire du pire ! »



Rappelons nous, il y a un mois, Zaïra, maman tchétchène ayant fui son pays avec sa famille pour demander l’asile, témoignait de son expérience de terreur là-bas qu’elle avait retrouvé ici dès son arrivée.

En effet, la préfecture leur avait signifié qu’ils ne pourraient pas obtenir de protection et qu’ils allaient être renvoyés en Pologne.

Dès cet instant et pendant des mois et des mois, ils ont vécu dans la peur, terrés dans leur chambre d’hôtel, en comptant les jours qu’il leur fallait encore traverser pour pouvoir demander l’asile.

Jusqu’à ce matin du 16 mars dernier où le papa, parti acheter du lait pour leur enfant, n’est jamais revenu.

Il a été renvoyé trois jours plus tard, laissant une maman anéantie, enceinte de 8 mois et seule avec son enfant encore très petit.



C’était il y a un mois. Aujourd’hui, son mari est toujours en prison en Pologne. Aujourd’hui Zaïra est bientôt sur le point d’accoucher et elle vient d’être mise à la rue avec son enfant.



Elle n’est pas toute seule, comme en Tchétchénie, elle partage amplement son malheur avec les autres : à Strasbourg, depuis le 15 avril, toutes les familles dans la même situation, doivent quitter leur chambre d’hôtel, les unes après les autres.

Déjà 6 familles, déjà 14 enfants mineurs dont un nourrisson de 1 mois, sont à la rue.

La semaine prochaine, les enfants se compteront par dizaines.

Peu à peu, notre belle ville de Strasbourg est habitée par leur triste errance : où aller, où poser la tête, où se reposer ?

Peu à peu, notre belle ville de Strasbourg est hantée par une angoisse portée à son comble : car parallèlement, les arrestations se poursuivent.



Le 20 avril, devant l’abri de nuit où elles n’ont pas pu dormir, une maman et sa fille sont arrêtées.

Le père n’est plus là car il a déjà été arrêté et renvoyé en Pologne pendant que son enfant se réveillait à l’hôpital après une grave opération chirurgicale des reins.

Elles sont enfermées au Centre de Rétention de Rouen dans l’attente de leur expulsion en Pologne. Ainsi la petite pourra-t-elle au moins retrouver son père ?

Non, car à l’issue de son emprisonnement en Pologne, il a tenté de retraverser les frontières pour retrouver les siens et, aux dernières nouvelles, il est arrivé en Autriche où il se cache quelque part.



Le 21 avril, dans une école de Strasbourg, deux chaises vides. L’inquiétude est grande pour l’institutrice comme pour les élèves : où sont Magomed et Tamila - La veille, ils avaient pleuré et avaient expliqué à l’institutrice qu’ils allaient être mis à la rue et ne savaient pas où aller, les compatriotes ont peur de les accueillir car ils risquent d’être condamnés pour aider des sans papiers.

Puis, la nouvelle tombe : ils ont été arrêtés devant l’hôtel qu’ils quittaient pour toujours. Ils sont enfermés au Centre de Rétention Administrative de Metz.

L’institutrice doit faire face, consoler ceux qui pleurent, répondre à ceux qui posent des questions : Pourquoi on les a mis en prison - Qu’est ce qu’ils ont fait de mal - Pourquoi est ce qu’on ne peut pas les voir - Pourquoi ils ne reviendront plus jamais - Pourquoi on a le droit de faire ça ?

L’institutrice doit expliquer l’inexplicable, mettre des mots sur l’innommable.

Et puis il y a Malika qui ne pose aucune question et ne pleure pas, qui est déjà au-delà : à 9 ans, elle a déjà pleinement conscience que demain c’est peut-être son tour, on la mettra en prison et on l’exclura de la classe et de la France pour toujours…



Ce soir, les familles à la rue se rassembleront pour demander à Monsieur le Préfet de leur donner abri et asile. Ainsi, elles s’exposent à une arrestation massive mais espèrent la protection de la presse et des citoyens.

De toute façon, elles savent qu’il est bien plus facile de les arrêter une à une, au coin de la rue, devant l’école, devant le restaurant du coeur, devant l’association d’aide aux étrangers…

De toute façon, elles n’ont plus rien à perdre et s’accrochent à l’espoir que la mobilisation des citoyens français permettra de faire entendre leur appel au secours à nos autorités.



Nous qui avons la chance de vivre en sécurité et avec un toit abritant nos enfants, nous refusons de perdre de notre humanité en acceptant qu’en notre nom, des décisions administratives président à la maltraitance des plus vulnérables d’entre nous.



Qui est prêt à croiser le regard de l’enfant de Zaïra en lui expliquant qu’en France, on n’a pas le droit de mettre des enfants à la rue mais que cela ne le concerne pas parce que avant d’être un enfant, c’est un clandestin !

Qui lui expliquera qu’en France, quand quelqu’un a tout perdu dans une catastrophe, on l’aide et on l’entoure psychologiquement mais que cela ne le concerne pas même s’il a vu son père, emmené sous ses yeux, pour être torturé !

Qui lui expliquera qu’en France, on protège les victimes de violences mais que cela ne les concerne pas parce qu’avant d’être une victime, c’est une famille à arrêter, enfermer et expulser !



Pour marquer notre protestation, ce soir, lundi 26 avril, à 18 heures, Place Broglie

entourons ces familles

Et comme chaque mois, vendredi 30 avril, à 18 heures, Place Kléber

rejoignons le cercle de silence



cercledesilence.strasbourg@gmail.com

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Lieu : 30 avril, à 18 heures, Place Kléber

Ville : Strasbourg

Département : Bas-Rhin

Région : Grand Est

Pays : France

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