L'agenda culturel

theatre
Vendredi 15 mars 2019

Aimer la mère ou épouser la fille... En 1661, avec le succès des Précieuses Ridicules, Jean-Baptiste Poquelin devient Molière. La même année, il décide de quitter sa maîtresse, Madeleine Béjart, pour épouser la fille de celle-ci, Armande. Elle a vingt ans de moins que lui. Vingt ans, c’est le nombre d’années durant lesquelles il a adoré Madeleine... Folle passion, mariage d’amour, mariage d’intérêt ? Comment Molière l’apprend-il à sa compagne ? Comment réagit-elle ? À l’époque, l’événement choque et provoque la raillerie. Le couple formé par Molière et Madeleine, où le génie et l’amour du théâtre sont mêlés, se révèle à la fois moderne, drôle, douloureux, marquant à jamais l’histoire du théâtre. Note de l’auteur : Quoi de plus hasardeux que la rencontre de Jean-Baptiste Poquelin et de Madeleine Béjart ? L’un est le fils de bourgeois parisiens, l’autre une comédienne excommuniée qui avec son frère parcourt les routes de France. Pourtant leur union va durer près de vingt ans. Jean-Baptiste va être long à accoucher de Molière, et c’est en 1661 – après "L’Etourdi" et "Les Précieuses ridicules" - qu’il se fait remarquer auprès du roi Louis XIV avec "Les Fâcheux". Mais c’est aussi cette année-là, celle de ses trente-neuf ans, qu’il va décider d’épouser la fille même de Madeleine, Armande, de vingt ans plus jeune que lui, et le mariage aura lieu en janvier 1662. Mariage d’amour ou mariage d’intérêt ? Difficile d’en connaître la raison exacte. L’évènement est considérable. Par ce mariage, le grand auteur donne facilement prise aux quolibets et aux médisances, certains bas esprits allant jusqu’à prétendre qu’il épouse sa propre fille. Dès lors, la moquerie et le cocuage scellent son avenir. Pourquoi les avoir provoqués ? Certes, de "L’Ecole des femmes" au "Misanthrope", il va en tirer des accents déchirants, mais l’homme privé aura payé un lourd tribut à l’homme public. Sa faiblesse nous le rend davantage humain et la figure de Madeleine, égérie du premier jour, plus attachante. A une époque où se côtoient Boileau, La Fontaine, Corneille, où la seconde partie du XVIIème siècle devient une fulgurante éclosion de tous les arts, je me suis surpris à décerner à ce couple la palme de l’union libre heureuse et malheureuse. Ce couple devenu classique et si moderne en son temps, où le génie et le talent se sont mêlés, est à jamais dans la mémoire du théâtre. - Gérard Savoisien - Auteur : Gérard Savoisien Artistes : Anne Bouvier, Christophe de Mareuil Metteur en scène : Arnaud Deni
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